jeudi 15 mai 2014

8. Le monastère de Roncevaux

Quand on sort du sentier des Pyrénées, on arrive en face d'un immense monastère qui se dresse majestueusement devant nous pour nous accueillir.  L'endroit qui fut jadis bâti (il y a quelques siècles) pour recevoir les pèlerins a été complètement rénové en 2011.

Monastère de Roncevaux
Bien que les commodités (propres et très modernes) soient limitées en nombre, chacun finit par s'offrir une bonne douche chaude.  Que de réconfort pour les muscles !!!  

Ensuite, chaque pèlerin (ou pèlerine) finit de s'installer sur le lit qui lui est assigné.  Ce sont des cubicules à 4 lits; deux à droite, soit un en bas et l'autre au-dessus et une disposition identique à gauche.  Voir photo ci-dessous.

Vue partielle d'un cubicule et gros plan sur un pèlerin ;-))

Alors que je m'affairais à placer mon sac de couchage sur mon lit, j'ai entendu une musique de chant grégorien venant du bout du corridor... Cela donnait tout à coup une ambiance méditative toute particulière, nous rappelant que ce monastère est aussi un lieu de recueillement.

La traversée du sentier franchi au cours de la journée ayant laissé des traces (voir le passage sur "l'hostie de bouette" du chapitre 7...), je me suis rendu au sous-sol où se trouve la buanderie.  C'est là que j'ai réalisé (encore une fois !!!) qu'il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous.

Alors que j'attendais mon tour pour rincer mes vêtements, j'ai entendu un jeune homme, fin trentaine qui s'exprimait en anglais avec un accent très québécois. Je n'ai même pas eu besoin de lui demander s'il venait du Québec.  Un gars super sympa qui en était à sa deuxième journée au monastère mais qui avait dû s'accommoder du dortoir non chauffé le second soir.  

Bien que je lui avait offert qu'on synchronise notre heure de souper pour échanger un peu, cela ne lui convenait pas car il disait avoir trop de choses à penser.  Après avoir mangé une bouchée à la cafétéria, je suis descendu au sous-sol pour explorer les salles de séchage qui étaient de grandes salles en pierres très rustiques, baignées dans une ambiance relax avec de confortables fauteuils et des lumières tamisées.  C'était l'endroit pour lire ou se reposer pendant que les vêtements séchaient.

Je me suis donc cherché un fauteuil libre pour enfin débuter la lecture du livre que Sylvianne (ma fille) m'avait conseillé.  En levant les yeux après avoir lu quelques chapitres, v'la-t-y-pas que mon ami québécois (dont je ne connais pas le prénom, mais appelons-le Mario..) était assis dans la même salle que moi, à 2 fauteuils près,  C'est donc avec grand plaisir que nous avons entamé la conversation.

Mario était venu faire Compostelle pour trouver des réponses sur ses choix professionnels et il a été entendu, je crois.  Quand on est ouvert aux découvertes, la vie nous fait parfois de beaux cadeaux...

Mario m'a raconté qu'il hésitait entre l'enseignement qui constituait un domaine connu pour lui et le développement de nouvelles compétences dans les études de marché.  Déjà lors de sa descente d'avion à Paris il a appris que le parti Libéral formerait le prochain gouvernement et que les budgets pour les cours qu'il pensait diffuser ne seraient pas reconduits.  Il devait donc se pencher sur le Plan B avec toutes les incertitudes que cela comporte.

Nous avons donc jasé sur ce fameux plan de rechange pour constater après quelques instants que c'est exactement le travail que j'ai fait au cours des 8 dernières années !!!  

Nous avons échangé sur son projet et  il y a trouvé plein de réponses.  J'espère bien avoir l'occasion de le revoir une fois revenu au Québec car c'est un gars plein de potentiel.

Et de tout ce heureux hasard, que faut-il retenir?  Tout simplement qu'on peut recevoir de beaux cadeaux si on veut bien les accueillir.  Trop souvent, lorsque la chance frappe à la porte, notre premier réflexe, c'est de se plaindre du bruit... ;-))

"Buen Camino ! " à chacun de vous.

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