mercredi 14 mai 2014

7. La traversée des Pyrennées

Ma première vraie journée de montée dans les Pyrénées fut mémorable à plusieurs points de vue.  Je dirais même que l'expression ¨Bien, voyons donc !!!¨ est celle que je me suis dite le plus souvent.  

On pourrait en faire un film comique, surtout si c'est un gars comme Jean-Marc Parent qui en tiendrait le premier rôle.  Vous allez vite comprendre pourquoi...

Après mes 8 petits (mais essouflants) kilomètres de la veille sous un peu de pluie, je me suis dit: "Bof, çà ne peut pas être pire qu'hier..."  

Comme dirait Jean-Marc Parent avec son air étonné:  "Vous seriez surpris de voir tout ce que la nature est capable de nous envoyer sans nous demander la permission."

Plus je montais dans le sentier, plus la pluie se faisait insistante.... puis la brume s'est mise de la partie.  Il ne manquait que le vent et le froid... C'est à croire qu'ils m'ont entendu parce que 5 minutes après, ils étaient au rendez-vous! Les marcheurs se déplaçaient par groupes de 3 ou 4 en souhaitant en finir avec cette étape de quelques heures.  On aurait juré qu'un sage avec sa barbe blanche nous attendait dans un refuge au sommet de la montagne.

Une fois arrivés au point le plus haut, tout le monde se regardait avec un certain sourire de satisfaction en se disant que le pire était passé.  Il ne restait plus qu'à descendre tout doucement avec le vent dans le dos.  

Ici, ramenons à nouveau Jean-Marc Parent à l'écran:  "Attendez de voir la belle gibelotte que ça fait l'eau qui coule dans un sentier de montagne avec des feuilles mortes et de la terre."

Bien, je peux vous dire qu'on l'a su assez vite, merci !!!  Ça fait de la bouette... de l'hostie de bouette !!!  Le sentier avait 6 pieds de large et la bouette couvrait 5 pieds et demi. C'était rendu qu'on commençait par planter nos bâtons pour se donner une idée de l'épaisseur de la bouette avant d'y mettre le pied.

Après quelques pénibles heures, on a fini par arriver au Monastère de Roncevaux, épuisés mais contents.

Depuis cette traversée mémorable, je peux dire que toutes mes autres sorties, c'était du gâteau.

A suivre... car l'histoire vécue ¨par hasard¨ dans le monastère de Roncevaux est digne de mention.

5. Quand les astres s'alignent...

C'est surprenant de voir tout ce qui se  présente à nous quand on a l'esprit ouvert!

À peine débarqué du TGV à Bayonne, je me demandais si les astres se manifesteraient pour m'indiquer si mon voyage serait sous une bonne étoile.  La réponse est arrivée rapidement et cela m'a bien fait sourire intérieurement.

Ayant en main mon billet de train pour le dernier trajet entre Bayonne et St-Jean-Pied-Port, il me restait seulement à attendre le départ sur le quai.  Avec deux bonnes heures à attendre, je me suis donc avancé hors de la gare pour voir le centre-ville de Bayonne.

J'ai remarqué qu'une femme, fin cinquantaine, marchait sur l'autre trottoir avec un sac à dos sur lequel il y avait un drapeau du Québec.  Elle avait toutes les allures d'une future pèlerine.

Quand elle a vu que j'avais aussi un drapeau du Québec sur mon bagage, elle s'est approchée pour me demander à quel endroit on devait prendre l'autocar.  Sans être un spécialiste des transports, je sais bien que même en Europe, un train et un autocar, c'est pas pareil.

Je lui ai donc demandé si c'est bien d'un autocar dont elle venait de parler. C'est alors que j'appris qu'il y avait eu un éboulement de roches sur la voie ferrée et qu'il fallait donc prendre l'autocar. J'ai vite réalisé que sans son intervention, il y avait de fortes chances que j'aies "manqué le train", même s'il s'agit ici d'un autocar.

J'avais demandé un signe; je l'ai eu.  J'ai donc compris que je pouvais maintenant débuter ce pèlerinage le coeur léger.

Nous avons fait le trajet d'autocar ensemble et arrivés à St-Jean-Pied-de-Port, nous nous sommes dirigés vers l'office pour faire étamper les crédentials.

Une filée de pèlerins attendaient pour entrer alors qu'à l'intérieur, l'ambiance avec les bénévoles était festive. (voir photos)
Les bénévoles accueillent les nouveaux pèlerins


On voit ici mon amie Sylvie avec qui j'ai pris l'autocar