vendredi 25 avril 2014

3. L'équipement


J'avoue que je n'ai jamais été très connaissant dans le domaine des accessoires de sport, que ce soit au niveau de l'équipement ou dans le volet vestimentaire.

Ce fut donc pour moi l'occasion de me familiariser avec tout ce qui est offert sur le marché et j'ai été étonné de constater à quel point la technologie a évolué. 

Les boutiques spécialisées comme le Kaki à Joliette  http://www.kakipleinair.ca/  ou La Tienda à Verdun  http://www.diciacompostelle.com/ nous offrent de précieux conseils pour trouver l'objet ou le vêtement qui sera le plus approprié pour notre projet.  Le défi dans cet exercice est d'identifier le nécessaire et d'apporter seulement l'essentiel.  Les premières courbatures aident à saisir la nuance.

Comme le soulignait  avec humour l'animateur lors des rencontres préparatoires offertes par l'Association  québécoise des pèlerins et amis du Chemin de Saint-Jacques, la préparation passe "de la bottine à la capine".    http://duquebecacompostelle.org/

Voici maintenant une description des principales pièces d'équipement que je me suis procurées pour mon aventure à Compostelle:

Les souliers: Sachant que mon escapade aurait lieu pendant les mois de mai et juin, j'ai opté pour des souliers au lieu de bottes.  En période de temps chaud, l'aération des pieds se fait plus facilement avec des souliers.

Un pèlerin que j'ai croisé lors d'une soirée d'information me disait qu'il avait marché 1500 km sans une seule ampoule, ce qui semble assez rare si je me fie aux autres témoignages entendus.  Son secret:  des souliers en peau de yak.


Je me suis donc procuré une paire de souliers au début du mois de février de façon à les tester plusieurs semaines avant mon départ.  Utilisés avec des bas en laine mérino (indispensables pour tout marcheur) j'ai été étonné de voir à quel point ces souliers sont confortables. 

Le sac à dos:  J'ai choisi le modèle Exos 38 de la compagnie Ospray.  La version "large" qui convient mieux à la longueur de mon dos peut contenir 40 litres de matériel.  Une fois rempli (incluant les 2 litres d'eau dans le réservoir d'hydratation), il devra peser moins de 20 livres.  Une première pesée sans eau m'a permis de constater qu'il était rendu à 14 livres alors que mon matériel était pratiquement tout à l'intérieur. 

Le sac lui-même est très léger.  Même si on ne le voit pas sur les photos du site Internet de la compagnie, il est monté avec une armature de métal sur laquelle est tendue une toile ajourée qui permet de faire passer l'air entre le dos et le sac.  Avec le système de courroies à la taille, le poids repose principalement sur les hanches.  Les autres courroies permettent d'ajuster le centre de gravité près du corps.

http://www.ospreypacks.com/fr/product/superlight/exos_38?tab=features

La réserve d'eau: Pour éviter la déshydratation, il faut boire souvent.  Des petites gorgées mais souvent.  C'est pour cela que le sac à dos prévoit un compartiment qui peut contenir un réservoir d'hydratation et une ouverture pour faire passer le petit boyau flexible qui se termine par une "buvette" facilement accessible. 

http://www.ospreypacks.com/fr/product/hydration_packs__osprey_hydraulics/hydraulics_2_liter_reservoir


L'appareil photo:  Dans le but de voyager léger, l'appareil photo est un modèle très compact qui pourra se loger dans la pochette de la courroie de taille du sac à dos.  Ainsi, l'appareil sera toujours à portée de la main. 

Notons que le chargeur de batterie n'a pas besoin d'un convertisseur de courant car il peut recevoir autant le 120 V que le 220 V. C'est pour cette raison que j'ai rajouté seulement un adaptateur qui fait le lien entre les fiches plates (Amérique du Nord) et les fiches rondes (Europe)





L'étui à cartes mémoires: J'ai trouvé chez La Source (Radio-Shack) un étui à cartes mémoires très compact qui me permet de répartir l'ensemble de mes photos sur plusieurs supports au lieu d'un seul. 

J'attire votre attention sur la deuxième carte à partir de la gauche.  Elle va me faire sauver 1000$ car il s'agit en fait d'une enveloppe "maison" que j'ai fabriquée pour y déposer la carte SIM de mon téléphone cellulaire. 

Ainsi, la fonction "cellulaire" qui pourrait générer une facture d'itinérance de 100$ par semaine sera complètement désactivée alors que la fonction "WiFi-Internet" sera quand même en opération.


Chargeur de batteries:  Je me suis procuré un adaptateur pour charger la batterie de mon iPhone 5 à la boutique Apple. 

En faisant des tests, j'ai constaté que le port USB de cet adaptateur pouvait également servir à recharger ma lampe frontale, ma petite lampe rouge qui sera à l'arrière de mon sac à dos ainsi que le petit clavier Bluetooth.



Lumières:  La lampe frontale est alimentée par des batteries rechargeables (AAA) qui pourraient au besoin être remplacées par des batteries AAA régulières.

Quelques pèlerins ont fait des remarques sur la nécessité de "protéger ses arrières" lorsqu'on marche en bordure d'une route où passent des autos par temps de brume ou de noirceur.  La petite lampe rouge empruntée à mon équipement de vélo fera donc très bien l'affaire une fois accrochée sur mon sac à dos.

Clavier Bluetooth:  Avec la prolifération des iPads, des iPhones et autres appareils fonctionnant en mode sans-fil (ou WiFi), j'anticipe que les auberges mettent moins d'ordinateurs conventionnels à la disposition des pèlerins qu'autrefois, laissant chaque amateur du iWalk (c't-une blague !) utiliser son propre appareil sans devoir attendre que l'ordinateur dans la salle commune se libère.

J'ai donc fait l'acquisition d'un petit clavier qui me permettra d'écrire sur mon blogue plus facilement qu'avec le minuscule clavier du iPhone.

IPhone et carte SIM: Bien que sa taille soit la moitié d'un timbre-poste, la carte SIM est une puce électronique contenant un microcontrôleur et de la mémoire.  C'est un élément essentiel pour faire fonctionner le volet "téléphone" d'un iPhone.   

Un spécialiste de la boutique Apple à Laval m'a fortement suggéré de retirer la carte SIM de mon appareil car il arrive que le iPhone utilise le réseau cellulaire (et non le réseau internet sans-fil) pour mettre à jour des bases de données, provoquant alors une utilisation de type "appel longue-distance" qui implique des frais indésirables et élevés.

On voit ici la fameuse carte SIM sur le côté de l'appareil.



2. La préparation physique

La préparation physique pour mon projet visait à tester ma capacité à marcher plusieurs heures chaque jour et à développer une certaine résistance à l'effort.

A partir du mois de janvier 2014, j'ai donc repris avec assiduité mes présences au gym.  Au cours des trois derniers mois avant mon départ, je me suis entraîné en moyenne cinq jours par semaine. (parfois plus...)

Les bénéfices se sont vite matérialisés sans compter la perte de poids que je me souhaitais depuis si longtemps.  Je suis même devenu accro à cet état de bien-être qu'on ressent grâce aux endorphines après une session intensive.

Je suis également allé consulter un massothérapeute sportif pour m'assurer qu'il n'y avait pas de faiblesse particulière dans le système musculaire du dos et (surtout) des jambes.  Le verdict fut positif et très concluant.  En bonus, j'ai eu droit à de précieux conseils sur la façon de faire mes étirements avant et après l'entraînement.

Avec les nouveaux téléphones "intelligents", on peut presque tout faire.  J'ai téléchargé le programme Endomondo  http://www.endomondo.com/  sur mon iPhone pour mesurer mes déplacements, ma vitesse ainsi que le temps requis. 

Je sais maintenant qu'il me faut environ deux heures trente minutes pour parcourir un trajet de 15 km.  Ma vitesse est donc de 6 km/heure.  Avec un sac à dos sur les épaules et quelques bonnes pentes, je devrais être en mesure de parcourir mes 25 km quotidiens en 6 ou 7 heures sans trop de difficultés.


1. Le début d'une belle aventure

L'aventure a germé dans mon esprit il y a plusieurs années alors que je me disais qu'un jour, je prendrais du temps, tout mon temps, pour explorer l'Europe et en particulier le sud de la France ainsi que l'Espagne. 

Je me visualisais, marchant d'un petit village à l'autre, en prenant le temps de rencontrer les gens et de les voir aller dans leur quotidien.  Je n'ai toutefois rien contre les visites guidées en gros autobus, il s'agit là d'un complément utile pour découvrir une ville d'une autre façon.

C'est à l'automne 2013 que j'ai vu dans le journal local un petit encadré annonçant la tenue d'une soirée d'information sur le Chemin de Compostelle.  Intéressant, me suis-je dit. De plus, j'avais eu vent qu'une personne pour qui j'ai une grande admiration (un sage, comme je l'appelle) avait vécu l'expérience récemment. 

La retraite étant enfin arrivée et toute la disponibilité qui vient avec, le moment était peut-être venu de me faire ce cadeau. Et puis, le petit côté "aventure" d'un tel projet ne me déplaisait pas du tout. 

J'ai assisté à quelques conférences présentées par l'Association québécoise des pèlerins et amis du Chemin de Saint-Jacques pour prendre connaissance des différents chemins (car il y en a plusieurs) et choisir celui qui me parlerait le plus.  J'aimerais souligner en passant tout le support que les bénévoles de cette organisation offrent aux futurs pèlerins.  Chapeau !  http://duquebecacompostelle.org/ 

J'ai finalement opté pour le Camino Francès qui représente un trajet de 800 km entre le village de St-Jean-Pied-de-Port en France et la ville de Santiago de Compostelle en Espagne.  Je vais marcher ce trajet au cours des mois de mai et juin 2014.  C'est à Santiago qu'on retrouve la fameuse cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle où serait inhumé le corps de l'apôtre Jacques selon la légende. 

Il y a des défis pour lesquels j'aurais hésité mais pas celui là.  A un moment donné, il m'est apparu clairement que ma place était sur ce fameux Chemin de Compostelle.


A ce trajet, on peut rajouter un autre 90 km pour se rendre à Finisterra, soit jusqu'au bord de la mer où les pèlerins se rendaient jadis pour se procurer la fameuse coquille St-Jacques, preuve qu'ils avaient bien atteint leur destination.  Après avoir marché 890 km, je crois qu'un bain de pied serait une bonne affaire pour moi. Je vais donc m'y rendre.

Voici le lien qui vous mènera vers une carte géographique détaillée.  Cette carte est interactive; si vous cliquez sur les chiffres (1 à 33) dans les petits ronds rouges, vous verrez apparaître en dessous une description du secteur visé, son dénivelé ainsi que les curiosités qui méritent qu'on s'y attarde.

http://pelerins-compostelle.com/pelerinage-compostelle-camino-frances-itineraire-espagne