jeudi 8 mai 2014

6. Enfin le début de la marche!

Vendredi, 2 mai 2014... le grand jour est enfin arrivé!  Ces 4 derniers mois d'entraînement au gym étaient-ils suffisants?  J'allais le savoir bientôt.

Mon amie Sylvie du Québec avec qui j'avais pris l'autocar la veille et qui devait débuter sa marche seulement le lendemain m'a accompagné pendant une minute, le temps de prendre ma photo de départ, un peu comme une mère prend en photo son enfant lors de sa première journée d'école.

C'est sous un ciel pluvieux que j'ai débuté mon pèlerinage, ce qui m'a donné l'occasion de tester mon équipement de pluie.  (Très efficace, en passant...) 

Le "Camino" empruntait la route asphaltée du village mais rapidement, je pouvais constater que ce sentier servait principalement aux pèlerins qui marchaient seuls ou en petits groupes à moins d'un kilomètre chacun.

Au début, j'avançais d'un bon pas même si l'inclinaison de la route était l'équivalent du viaduc de la rue Ste-Anne à Joliette.  En peu de temps, j'ai réalisé que ma cadence serait très demandante pour le cardio et j'ai alors décidé de me fixer des objectifs moins ambitieux comme par exemple d'atteindre le haut de la côte.

Hummm... trop ambitieux, mon Sylvain!

J'ai donc opté pour le prochain poteau de téléphone... Puis pour le prochain poteau de clôture... ;-))

J'ai finalement compris que le Camino allait se gagner un pas à la fois, humblement, très humblement.

C'est après 4 heures de pénible ascension dans la brume et sous la pluie que j'ai atteint le Refuge Orisson.  Une auberge moderne à flan de montagne, fréquentée par des chèvres, des moutons et des pèlerins qui y viennent par groupe de cinquante.

Dans cette auberge au décor typique de montagne il y a deux grandes tables où les gens prennent place, épuisés de leur montée... Il y a comme une solidarité spontanée qui envahit la grande salle tout naturellement malgré les difficultés de communication qu'imposent les langues.

J'ai soupé avec un couple de République Tchèque, une australienne et un russe de 69 ans qui parle hongrois, anglais et français.  C'était vraiment sympa (je dirais même touchant) de voir tous les efforts de créativité qu'on déployait pour communiquer entre nous. 

J'ai alors compris que le Camino est un exercice de relation avec les autres (et avec soi!!!) sans artifice.

Hum... tout cela fait un peu sérieux...Mais il y a aussi des moments comiques, inspirés de cet oxygène qui active mes neurones en folie.  Voici donc un premier partage dans la catégorie "J'sais pas si tu vas me croire..."

En montant les Pyrénées, j'ai croisé plusieurs pâturages de moutons, et chaque fois, il y avait un ou plusieurs moutons qui bêlaient sur mon passage.

Curieux d'en savoir plus, je me suis approché de la clôture et j ai demandé au mouton en chef  si c'était normal.

Avec l'air un peu blazé du gars qui s'est fait poser la question 1000 fois, il m'a dit: Vous les humains, pour vous endormir, vous comptez les moutons... bien, nous les moutons, dans notre pâturage platte au bouttte, pour rester réveillés, on compte les pèlerins.  ;-))





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